Et si on laissait enfin dormir les bébés comme des bébés ?

Le sommeil des bébés… Un sujet qui revient dans presque toutes les conversations de jeunes parents.

Entre les “Il faut le laisser pleurer”, les “Il doit faire ses nuits à 3 mois” ou encore les “Tu vas en faire un capricieux”, il est facile de se sentir perdue, jugée, ou carrément nulle.

 

Mais au fond, une question essentielle mérite d’être posée :

Et si on arrêtait d’attendre des bébés qu’ils dorment comme des adultes ?
Et si on les laissait enfin dormir… comme des bébés ?

1. Dormir comme un bébé… c’est quoi, au juste ?

Spoiler : ce n’est pas dormir 12 heures d’affilée dans un lit à barreaux, sans réveil, dès 2 mois.

 

Un bébé, surtout les premières années, a un sommeil :

  • immature (ses cycles sont très courts),
  • fragmenté (il se réveille souvent),
  • progressif (il évolue par phases, avec des “régressions” qui sont en réalité des progrès neurologiques !)

 

Ce fonctionnement n’a rien d’anormal. Au contraire, il est profondément humain et plein de bon sens. Se réveiller la nuit, c’est un mécanisme de survie : pour vérifier que tout va bien, réclamer du lait, du contact, du réconfort. Ce n’est pas un bug. C’est un super-pouvoir.

2. Et si on changeait de regard ?

 

On nous a tellement répété que “faire ses nuits” était un objectif, un passage obligé vers le bon bébé, qu’on en oublie parfois l’essentiel :

le sommeil n’est pas une performance.

C’est un besoin, une construction. Et comme toute construction, elle prend du temps.

 

Quand on cesse de vouloir “corriger” le sommeil de son bébé, quand on accepte qu’il dort comme il peut, avec ses ressources du moment, alors on se libère de beaucoup de pression. On gagne en confiance. Et on peut enfin l’accompagner là où il en est, sans lutte inutile.

3. Ce que dit la science

Les recherches sur le sommeil infantile sont claires :

  • Les réveils nocturnes sont parfaitement normaux chez les bébés… et même chez les enfants plus grands. Le sommeil ne devient vraiment « mature » que vers 5 à 6 ans.
  • Même les adultes se réveillent la nuit : la différence, c’est qu’on apprend à se rendormir sans en avoir conscience ou besoin d’aide.
  • Les méthodes “laisser pleurer” peuvent déclencher un stress important, même si le bébé finit par se taire (il n’a pas appris à dormir, il a appris qu’on ne viendra pas).
  • Le cododo (s’il est sécurisé) favorise l’allaitement, la proximité… et peut même réduire le risque de mort subite du nourrisson.

 

Alors pourquoi cette obsession sociétale à vouloir “régler” le sommeil des bébés à tout prix ? Peut-être parce que notre société n’est pas pensée pour les bébés… ni pour les parents.

4. Et les parents dans tout ça ?

 

Oui, la fatigue est bien réelle. Les nuits entrecoupées peuvent être épuisantes. Et ce n’est pas toujours simple de répondre aux besoins d’un petit être qui dépend entièrement de nous.

Mais le problème ne vient pas des bébés:

  • Il vient du manque de soutien.
  • Des congés trop courts.
  • Du retour au travail trop tôt.
  • De l’isolement.
  • De la pression de performance.
  • Et parfois, du regard des autres.

 

Alors non, ce n’est pas à toi de “mieux gérer” ni à ton bébé de “mieux dormir”.
C’est à notre société d’évoluer pour mieux accompagner cette étape si intense.

5. Quelques pistes pour t’accompagner, toi aussi

  • Respire : ton bébé dort comme un bébé… et c’est normal.
  • Allège-toi : une routine douce, du cododo sécurisé, un relais si possible.
  • Repose-toi autrement : une sieste à deux, un moment calme, un repas livré.
  • Fais-toi confiance : tu connais ton bébé mieux que personne.
  • Entoure-toi : tu n’as pas à tout porter seul·e.

À retenir

Un bébé ne dort pas “mal”, il dort comme un petit être en construction.

Ce n’est pas à lui de s’adapter à nos normes d’adultes, c’est à nous d’adapter notre regard.

 

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