Tu as sûrement déjà entendu qu’il fallait “mettre en place une routine du coucher” mais concrètement:
– Est-ce qu’il faut faire la même chose tous les soirs ?
– À la même heure ?
– Dans le même ordre ?
– Combien de temps ça doit durer ?
– Et si ton enfant pleure malgré la routine ?
– Est-ce que c’est que la routine n’est pas bonne ?
– Ou que tu fais mal ?
Beaucoup de parents me disent : “On a une routine… mais ça ne marche pas.”
Ou encore : “Le bain, le pyjama, l’histoire… et pourtant il ne veut pas dormir.”
Alors à quoi sert vraiment une routine ?
1. Une routine ne sert pas à endormir ton enfant
C’est souvent là que la confusion commence.
La routine n’est pas censée faire dormir ton enfant.
Elle sert à lui permettre de comprendre que la journée se termine.
Et pour certains enfants, ce moment est difficile :
– séparation
– fatigue
– besoin de proximité
– transition entre activité et repos
Même avec une routine en place, ton enfant peut :
– pleurer
– réclamer
– se réveiller après
– avoir besoin de téter
– vouloir être accompagné
Et ça ne veut pas dire que ta routine est mauvaise.
2. Une routine n’a pas besoin d’être toujours identique
La routine n’a pas besoin d’être reproduite à l’identique chaque soir.
Beaucoup de parents pensent : “Si on change l’ordre, ça va tout perturber.”
Ou : “Si c’est pas moi, ça va mal se passer.”
En réalité, ce que ton enfant cherche, ce n’est pas que tu refasses exactement la même chose.
C’est qu’il puisse reconnaître que le moment du coucher approche.
Par exemple :
– la lumière diminue
– les jeux s’arrêtent
– ta voix devient plus douce
– le rythme ralentit
– on passe dans la chambre
Ces petits signaux, répétés au fil des jours, lui permettent d’anticiper la suite, pas besoin que ce soit parfait.
3. Une routine peut inclure une tétée
Contrairement à ce que tu as peut-être entende, une tétée peut faire partie de la routine car elle:
– apaise
– rassure
– accompagne la transition
– réponds à un besoin physiologique
Certaines familles choisissent :
– tétée puis histoire
– histoire puis tétée
– tétée dans le lit
– tétée dans le salon
Il n’y a pas une seule bonne façon de faire.
4. Quand une routine peut être ajustée ?
Certains signes peuvent indiquer que le moment du coucher mérite d’être repensé :
– ton enfant met plus d’une heure à s’endormir
– il s’agite beaucoup au moment d’aller au lit
– il pleure dès qu’il voit le pyjama
– les réveils se multiplient en début de nuit
– le coucher devient une source de tension pour toi
Parfois, ce n’est pas la routine qui pose problème, mais :
– l’heure du coucher
– la durée de la sieste
– le niveau de fatigue
– le besoin de proximité
– le rythme de la journée
5. Quand ton enfant grandit, la routine peut avoir besoin d’évoluer
Avec l’âge, ce n’est pas seulement le sommeil qui change, le moment du coucher aussi.
Vers 5–7 mois
Ton enfant peut avoir besoin d’un temps plus long pour ralentir. Une transition trop rapide entre le jeu et le lit peut rendre l’endormissement difficile.
Proposer un temps calme avant le pyjama peut aider : lecture, lumière tamisée, portage, tétée…
Vers 8–10 mois
La séparation devient plus concrète.
Certains enfants ont besoin de :
– plus de contact
– une présence plus longue
– ou de téter pour s’apaiser
Ta présence facilite la transition.
Vers 12–18 mois
L’enfant comprend davantage ce qui se passe autour de lui.
Il peut :
– protester
– réclamer
– ou retarder le coucher
Nommer les étapes (“on va lire, faire la tétée puis dormir”) et ralentir le rythme en fin de journée peut aider.
Vers 2 ans
Le coucher est aussi un moment de séparation.
L’enfant peut :
– vouloir rejouer
– se relever
– demander encore une histoire, une tétée, etc.
Un rituel stable et prévisible sécurise cette transition.
Ce qui fonctionnait il y a quelques semaines peut nécessiter des ajustements aujourd’hui.
Et cela ne signifie pas que ta routine est mauvaise.
6. Et parfois… ce n’est pas la routine qui pose problème
Lorsqu’on parle de routine, on pense souvent aux gestes :
– le bain
– le pyjama
– l’histoire
– la tétée
Mais la routine, ce n’est pas seulement ce que tu fais, c’est aussi comment tu vis ce moment.
Certains parents me disent : “Dès qu’il est 19h, je stresse.”
Parce que :
– ils anticipent les pleurs
– ils redoutent les réveils
– ils ont peur que la nuit soit difficile
Et cette tension peut être perçue par l’enfant, il sent que quelque chose change.
Le coucher devient alors : un moment à traverser plutôt qu’un moment à accompagner.
7. Quand consulter ?
Si le moment du coucher est devenu un moment que tu redoutes, si tu appréhendes déjà la fin de journée, si tu te demandes chaque soir combien de temps cela va durer, ou si tu as l’impression que rien de ce que tu mets en place ne change vraiment les choses, en parler fait la différence.
Un accompagnement permet de comprendre ce qui se joue autour du coucher, de repérer les besoins de ton enfant et d’ajuster certains éléments du rythme ou de la routine.
Il permet de retrouver des repères et d’aborder le coucher avec plus de sérénité.
La routine n’est pas une méthode, c’est un cadre.
Et ce cadre peut évoluer avec ton enfant et avec toi.






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